L'eau de Cologne finissait
Par ronger son salon,
Un parfum désuet,
A trois sous le flacon.
Il coupait les cheveux
Pour deux francs quatre-vingt,
En soufflant comme un vieux,
Au bout de son chemin.
Y'avait dans la grand'rue,
Ces grands éclats de rire,
De ces gens qui ont vécu,
Et n'ont plus rien à dire.
Il y avait des vitrines
Qui racontaient la vie,
A présent j'imagine,
Mais la vie est partie ….
Elle avait un bonnet
Enfoncé jusqu'au cou,
Une peau toute fripée
Et des yeux de hibou.
Passage obligé
Pour ach'ter les journaux
Elle me terrorisait,
J'n'étais pas un héros.
Elle vendait des jouets,
Des pipes et du tabac,
Des vêtements, des outils,
De quoi tenir l'hiver,
En cas d'intempérie,
Réflexes de temps de guerre.
Ca sentait le pain chaud
Et le plaisir gourmand,
L'envie de rentrer tôt,
Pour manger des croissants.
La dame était gentille
Et j'aimais y aller,
Peut-être plus pour sa fille
Que pour ses qualités.
On r'trouvait les amis
En squattant le bistrot
Toute l'après-midi
Pour l'prix d'une menthe à l'eau.
On écoutait Couderc
Commenter le rugby
En jouant au poker
Sans guère plus de souci.
J.O. Droits déposés
Sa caverne ressemblait
A celle d'Ali – Baba,